Fin du 1er semestre – votre PME est-elle vraiment sur la bonne trajectoire ?
Nous sommes au début du mois de juillet. Les six premiers mois de l’année sont déjà derrière nous. Pour beaucoup de dirigeants, cette période passe presque inaperçue. Mêmes si les jours raccourcissent, les journées restent bien remplies. Les équipes poursuivent leurs projets, les clients continuent à solliciter l’entreprise et les vacances approchent doucement, laissant espérer quelques semaines de respiration après un premier semestre souvent très intense.
Pourtant, cette période de l’année est particulière.
Elle se situe exactement entre deux temps forts. Les objectifs fixés pour cette année appartiennent déjà au passé. Mais il reste encore suffisamment de mois devant soi pour corriger une trajectoire, adapter une stratégie ou prendre des décisions qui auront un véritable impact sur l’atterrissage de fin d’année.
C’est probablement l’un des meilleurs moments de l’année pour lever la tête du guidon et se poser une question finalement assez simple :
Savez-vous réellement où en est votre entreprise aujourd’hui ?
Je ne parle pas d’une impression générale ou d’un ressenti. Beaucoup de dirigeants connaissent très bien leur activité. Ils savent si les équipes sont occupées, si les clients semblent satisfaits ou si le téléphone sonne davantage que l’année précédente. Cette intuition est précieuse et fait partie intégrante du rôle d’un entrepreneur.
Mais lorsqu’il s’agit de prendre des décisions importantes, l’intuition ne suffit plus toujours.
Peut-être réfléchissez-vous à investir dans un nouvel équipement à la rentrée? Ou à revoir votre politique tarifaire ou encore à développer une nouvelle activité. Toutes ces décisions méritent de s’appuyer sur une vision claire de la situation actuelle. Car elles engageront l’entreprise pour les mois, voire les années à venir.
Et c’est précisément là que les informations du premier semestre prennent toute leur importance.
Une comptabilité à jour n’est pas une formalité administrative
Lorsque je rencontre un dirigeant au début de l’été, il m’arrive souvent de lui demander où en est sa comptabilité.
La réponse est presque toujours la même :
« Elle est pratiquement à jour. »
Je comprends les raisons derrière cette réponse un peu évasive. Dans le quotidien d’une PME, les priorités s’enchaînent, les urgences prennent facilement le dessus et il est parfois difficile de consacrer le temps nécessaire à la clôture des premiers mois de l’année.
Pourtant, derrière cette expression « pratiquement à jour » peuvent se cacher de nombreuses informations qui changent complètement la lecture des résultats.
Toutes les factures fournisseurs ont-elles été comptabilisées ?
Est-ce que tous les projets ont été facturés?
Est-ce que vous faites des bouclements intermédiaires? Prennent-ils en compte les amortissements et les provisions ?
Est-ce que le suivi des créances clients, avec des rappels, est à jour pour minimiser les retards de paiements ?
Ces éléments peuvent sembler purement comptables. En réalité, ils conditionnent directement la qualité des décisions qui seront prises pendant le second semestre.
J’aime faire des projections pour savoir où se fera l’atterrissage à la fin de l’année. Une entreprise ne peut pas être pilotée avec précision si les informations disponibles ne reflètent pas fidèlement sa situation. Les projections ne se baseraient pas sur la réalité.
Recevoir ses chiffres est une chose. Les comprendre en est une autre.
Une fois la comptabilité à jour, une deuxième question mérite d’être posée.
Disposez-vous déjà d’une vision suffisamment claire de vos résultats ?
Beaucoup de dirigeants reçoivent un compte de résultat, un bilan ou une balance comptable. Ces documents sont indispensables et constituent la base de toute information financière.
Mais ils ne répondent pas toujours aux questions que se pose un dirigeant.
La rentabilité est-elle conforme aux objectifs fixés en début d’année ?
Quels services ou quels clients contribuent réellement aux résultats ?
Les charges évoluent-elles plus rapidement que le chiffre d’affaires ?
La trésorerie suit elle la croissance de l’entreprise ou commence-t-elle à se tendre ?
C’est précisément le rôle d’un tableau de bord financier. Il ne se contente pas de présenter des chiffres. Il les met en perspective, les compare aux objectifs et permet au dirigeant de comprendre ce qui est réellement en train de se passer dans son entreprise.
Sans cette lecture, les chiffres restent souvent des chiffres. Juste une information. Avec cette lecture, ils deviennent un véritable outil d’aide à la décision.
Les objectifs fixés en janvier sont-ils encore adaptés à la réalité ?
Un peu avant le début de l’année, les objectifs sont définis. En parallèle le budget est établi et les développements des mois à venir sont posés.
Mais une entreprise est un organisme vivant qui vit au milieu d’un contexte économique. Le marché peut ralentir, un client important peut arriver plus vite que prévu, une nouvelle opportunité de partenariat peut apparaître.
En quelques mois, le contexte évolue parfois suffisamment pour rendre certaines hypothèses de départ moins pertinentes.
Cela ne signifie pas que le budget était mauvais.
Cela signifie simplement que l’entreprise a évolué.
La revue de mi-année permet non seulement de mesurer ce qui a été réalisé, mais aussi de vérifier si les objectifs définis six mois plus tôt correspondent encore à la réalité d’aujourd’hui.
Le pilotage d’une entreprise ne consiste pas à suivre un plan coûte que coûte. Il consiste à savoir prendre des décisions lorsque le contexte change.
La trésorerie vous permettra-t-elle d’aborder sereinement la deuxième partie de l’année ?
Il existe une situation que je rencontre régulièrement et dont je vous ai déjà parlé. Sur le papier, l’entreprise réalise un bénéfice et tout semble bien aller. Et pourtant, quelques semaines plus tard, le dirigeant s’inquiète de sa trésorerie.
Comment est-ce possible ?
Parce que le bénéfice et les liquidités racontent deux histoires différentes.
Les prochains mois apporteront leur lot d’échéances : la TVA, les impôts, les vacances, les investissements prévus pour la rentrée ou encore certains recrutements.
Toutes ces sorties de trésorerie peuvent être anticipées, à condition de disposer d’une vision suffisamment claire de la situation actuelle.
Le début du mois de juillet est justement le moment idéal pour se poser cette question :
Les liquidités dont dispose aujourd’hui l’entreprise seront-elles suffisantes pour aborder sereinement les prochains mois ?
Il reste encore six mois pour agir. C’est probablement ce que j’apprécie le plus dans cette période de l’année. Ce moment où tout est encore possible. Nous ne sommes plus dans les projections du mois de janvier, mais nous ne sommes pas non plus dans l’urgence de la fin d’année.
Il reste encore suffisamment de temps pour prendre des décisions qui auront un véritable impact.
Certaines entreprises choisiront d’accélérer un projet alors que d’autres préféreront reporter un investissement. Aucune de ces décisions n’est bonne ou mauvaise en soi.
Ce qui fait la différence, c’est la qualité des informations sur lesquelles elles reposent.
Car au fond, les dirigeants qui pilotent leur entreprise avec sérénité ne sont pas ceux qui n’ont jamais d’imprévus. Ce sont ceux qui prennent régulièrement le temps de confronter leur intuition à la réalité de leurs chiffres et qui utilisent cette lecture pour préparer la suite plutôt que pour simplement constater le passé.
Le début du mois de juillet offre exactement cette opportunité.
Il reste encore six mois pour confirmer votre plan de vol, le corriger si nécessaire et aborder la fin de l’année avec davantage de visibilité.
Encore faut-il disposer, aujourd’hui, des informations qui permettront de prendre les bonnes décisions demain.
Faire le point n’est pas une fin en soi
Prendre quelques heures pour analyser les six premiers mois de l’année ne consiste pas simplement à regarder des chiffres. Il s’agit surtout de vérifier que votre entreprise avance toujours dans la direction que vous souhaitez lui donner.
Les chiffres permettent de mesurer ce qui a été accompli et ils permettent surtout d’anticiper les décisions des mois à venir.
Si, en lisant cet article, vous réalisez qu’il vous manque encore certaines informations pour avoir une vision claire de votre entreprise, il existe plusieurs outils qui peuvent vous aider à reprendre le contrôle de votre pilotage.
Commencez par mettre en place un véritable tableau de bord, afin de disposer chaque mois des indicateurs réellement utiles à vos décisions.
Prenez également le temps de revoir votre budget annuel, afin de vérifier que les objectifs définis en janvier sont toujours adaptés à la réalité d’aujourd’hui.
Enfin, si vous souhaitez bénéficier d’un regard extérieur pour analyser vos résultats et préparer la deuxième partie de l’année, un accompagnement stratégique ou un CFO à la demande peut vous apporter cette vision globale qui manque parfois lorsque l’on est plongé dans le quotidien.
Le mois de juillet ne marque pas seulement la moitié de l’année, il représente surtout une occasion de reprendre de la hauteur.
Et il reste encore suffisamment de temps pour faire évoluer votre trajectoire et définir votre lieu d’atterrissage.
